En bref :
- Les Renaissances est un roman d’Agnès Martin-Lugand paru le 3 avril 2025 dans une édition de 528 pages, au format 15 x 24 cm.
- Le résumé tient dans une rencontre : Rebecca, romancière à l’arrêt, croise Lino, artisan habité par l’histoire de l’art et un passé douloureux.
- Le livre fait dialoguer création littéraire, secrets familiaux, désir de recommencer et fascination pour une vie que l’on cherche à comprendre.
- Son ampleur romanesque séduira les lecteurs en quête d’émotions directes ; son intensité psychologique pourra laisser plus à distance celles et ceux qui attendent une intrigue plus resserrée.
| Repère | Informations |
|---|---|
| Titre | Les Renaissances |
| Autrice | Agnès Martin-Lugand |
| Date de parution indiquée | 3 avril 2025 |
| Pagination | 528 pages |
| ISBN | 978-2-37932-369-0 |
| Cadre du récit | Une rencontre fortuite, une enquête intime et une histoire portée par l’art |
Les Renaissances d’Agnès Martin-Lugand : présentation d’un roman ample et intime
Les Renaissances avance sur un terrain familier à Agnès Martin-Lugand : celui des existences qui semblent tenir debout, jusqu’au moment où une rencontre vient déplacer leur équilibre. Le roman ne part pas d’un événement spectaculaire. Il commence au comptoir d’un bistrot, dans cet entre-deux très concret où l’on peut parler à un inconnu plus facilement qu’à ses proches. Rebecca, romancière en manque d’élan, y croise Lino. Quelques mots sont échangés, puis une confiance s’installe avec une rapidité qui n’a rien d’invraisemblable : certaines confidences surgissent quand une personne n’appartient encore à aucun cercle.
Rebecca traverse une période où son travail d’écriture ne la protège plus. L’inspiration manque, mais le malaise est plus large. Sa vie semble lui filer entre les doigts, comme si les phrases qu’elle ne parvient plus à écrire révélaient une fatigue plus profonde. Lino, de son côté, est artisan et passionné d’histoire de l’art. Cette précision compte : son rapport aux œuvres n’est pas celui d’un expert venu faire la leçon, mais celui d’un homme qui cherche dans les images, les matières et les artistes une façon de donner sens à ce qu’il porte.
Le titre au pluriel annonce d’emblée plusieurs recommencements possibles. Il ne renvoie pas seulement à la Renaissance européenne, cette époque où l’humanisme, la circulation des savoirs et les arts ont profondément changé le regard sur le monde. Ici, la renaissance est aussi intérieure. Elle concerne celles et ceux qui doivent apprendre à vivre après une blessure, à nommer un manque, ou à consentir au fait que le passé ne se répare jamais tout à fait. Le roman joue donc sur cette double idée : l’époque historique nourrit un imaginaire, tandis que les personnages cherchent leur propre manière de renaître.
Dans cette présentation, Lino apparaît vite comme une figure de mystère. Il parle, se livre, laisse entrevoir une histoire chargée, puis disparaît dans la nuit. Ce départ donne à Rebecca un rôle actif. Elle ne se contente pas d’écouter un homme énigmatique : elle décide de suivre la trace de cette rencontre et d’en faire la matière de son prochain livre. Le geste est audacieux, presque imprudent. À quel moment une personne rencontrée par hasard devient-elle un personnage ? Et qu’est-ce qui échappe encore quand on croit pouvoir transformer une vie en récit ?
Le roman est publié dans une édition de 528 pages, ce qui signale un choix de déploiement. Agnès Martin-Lugand laisse à ses personnages le temps de se raconter, de se tromper et de revenir sur ce qu’ils croyaient avoir compris. Cette longueur conviendra aux lecteurs qui aiment s’installer dans une histoire sur plusieurs soirées. En revanche, ceux qui préfèrent les romans nerveux, construits autour d’une progression policière nette ou de chapitres très courts, pourront trouver le rythme plus étale par moments.
Le parcours éditorial de l’autrice aide aussi à situer ce livre. Avec plus de trois millions d’exemplaires vendus selon les éléments de présentation de ses éditeurs, Agnès Martin-Lugand occupe une place visible dans l’édition française contemporaine. Elle est notamment connue pour Les gens heureux lisent et boivent du café, La vie est facile, ne t’inquiète pas, Entre mes mains le bonheur se faufile ou Désolée, je suis attendue. Ses romans privilégient souvent les liens affectifs, les fragilités ordinaires et les instants où un personnage comprend qu’il ne peut plus continuer comme avant.
Cette continuité n’empêche pas Les Renaissances d’ouvrir un espace différent grâce à l’art. Lino ne représente pas simplement une rencontre amoureuse ou une énigme à résoudre. Son regard, sa passion et son obsession donnent au livre une texture plus culturelle. Il y a dans cette histoire l’idée que les tableaux, les villes et les traces du passé peuvent servir de refuge, mais aussi de miroir. Le roman demande alors moins : « Que s’est-il passé ? » que : « Que fait une blessure à la façon dont on regarde les autres ? »
Cette première promesse est claire : le livre s’adresse aux lecteurs qui cherchent une histoire sentimentale et psychologique, avec une place importante donnée aux secrets, à la réparation et à la création. Il ne faut pas l’aborder comme un essai sur l’histoire de l’art, ni comme un roman historique consacré à la Renaissance. L’art y est un fil vivant, lié aux personnages, plutôt qu’un cours de culture. Cette distinction évite un malentendu fréquent autour du titre.

Résumé de Les Renaissances : comment Rebecca et Lino font basculer le récit
Le résumé de Les Renaissances peut se raconter sans dévoiler les nœuds les plus sensibles du roman. Rebecca est une écrivaine en panne d’inspiration. Elle ne manque pas seulement d’idée : elle a le sentiment plus diffus de perdre pied dans sa propre existence. Cette fatigue donne à la rencontre initiale une couleur particulière. Lorsqu’elle s’assied ou s’arrête dans ce bistrot, elle ne cherche ni une aventure ni un sujet. Pourtant, Lino arrive précisément au moment où son quotidien ne lui suffit plus.
Lino est artisan, passionné par l’histoire de l’art et habité par une quête d’absolu. Il porte avec lui une inquiétude que Rebecca perçoit presque immédiatement. Dans une conversation qui se construit sur la confiance fragile des inconnus, il consent à évoquer des éléments de son passé. Il ne livre pas tout, évidemment. Le roman repose sur les silences, les mots retenus et les zones d’ombre. Mais il dit assez pour que Rebecca soit bouleversée par cet homme qu’elle ne connaît presque pas.
Le lendemain, ou plutôt après cette nuit suspendue, Lino a disparu. Cette disparition ne transforme pas le livre en enquête policière classique. Elle agit comme un déclencheur intime. Rebecca reste avec une série de fragments : un visage, une voix, des confidences, des références artistiques, une impression de détresse et peut-être la sensation qu’une porte vient de s’ouvrir dans sa propre vie. Elle décide alors de partir sur ses traces. Son objectif est double : comprendre qui il est et faire de lui le héros d’un nouveau manuscrit.
Ce projet pose une question assez troublante : peut-on sauver une personne en racontant son histoire ? La littérature a souvent prêté aux écrivains ce pouvoir-là, mais Agnès Martin-Lugand ne présente pas l’écriture comme un remède propre. Rebecca avance avec ses projections. Elle veut saisir Lino, donner une forme à ce qu’il lui a confié, peut-être combler ce que son propre quotidien ne lui donne plus. Or un personnage n’est jamais exactement la personne qui l’a inspiré. Le roman trouve une partie de sa tension dans cet écart.
Une quête qui se nourrit des traces plutôt que des certitudes
À mesure que Rebecca se rapproche de l’univers de Lino, elle découvre que son rapport à l’art n’est pas décoratif. Les œuvres, les références à la Renaissance et la mémoire des artistes deviennent des repères émotionnels. La renaissance européenne, souvent associée à la redécouverte des textes anciens et à l’affirmation de l’individu, sert ici de contrepoint discret. Lino cherche lui aussi à retrouver une cohérence, mais il ne peut pas effacer ce qui l’a abîmé.
Cette dimension culturelle reste accessible. Il n’est pas nécessaire de connaître Léonard de Vinci, Botticelli ou les grandes villes italiennes pour suivre le récit. Les références sont là pour éclairer un tempérament, non pour distinguer les lecteurs qui possèdent les bons codes. C’est important pour un roman grand public : l’histoire de l’art peut créer une ambiance et ouvrir des pistes de lecture sans se changer en catalogue savant.
Rebecca, elle, se retrouve confrontée à son propre métier. Chercher Lino signifie aussi se confronter à la frontière entre l’observation et l’appropriation. Une romancière transforme le réel, coupe, déplace, invente. Mais lorsque la matière est encore brûlante et que la personne est vulnérable, le geste devient plus délicat. Le livre tire de là plusieurs scènes où la curiosité de Rebecca n’est pas seulement généreuse. Elle est également liée à son besoin d’écrire à nouveau.
Pour se repérer dans le mouvement du récit, trois lignes avancent ensemble :
- La recherche de Lino, qui entretient le mystère et mène Rebecca vers des pans de vie qu’elle ne soupçonnait pas.
- Le retour de Rebecca à l’écriture, car son désir de raconter devient peu à peu une manière de se regarder elle-même.
- La place du passé, qui ne cesse de revenir et oblige les personnages à choisir entre fuite, silence ou parole.
Ce dispositif romanesque explique pourquoi le livre prend son temps. Les révélations ne sont pas seulement des informations à collecter. Elles modifient la manière dont Rebecca comprend Lino, et parfois la manière dont elle se comprend elle-même. Les lecteurs qui aiment les récits de destinées entremêlées y trouveront une mécanique efficace, portée par des émotions très lisibles.
Il faut toutefois prévenir une attente trompeuse. Le résumé donne l’impression d’une course rapide derrière un inconnu disparu, mais Les Renaissances privilégie davantage l’introspection que le suspense. Les questions les plus importantes ne portent pas uniquement sur le lieu où se trouve Lino ou sur ce qu’il cache. Elles concernent ce que Rebecca est prête à perdre, à comprendre et à écrire. Ce déplacement est le vrai moteur du roman.
Cette quête conduit donc moins vers une réponse définitive que vers un espace de transformation. Dans le roman, suivre quelqu’un devient une façon de cesser de se fuir soi-même.
Pourquoi l’art et l’humanisme donnent leur profondeur aux Renaissances
Le titre Les Renaissances invite naturellement à penser à une grande période de l’histoire européenne. Entre le XIVe et le XVIe siècle, selon les régions et les disciplines, la Renaissance a redessiné les pratiques artistiques, les savoirs et les façons de concevoir la place de l’être humain. L’humanisme y joue un rôle central : il ne signifie pas une bonté vague, mais un mouvement intellectuel qui remet les langues, les textes, l’éducation et les capacités humaines au cœur des débats.
Dans le roman d’Agnès Martin-Lugand, cette référence n’est pas traitée comme une leçon d’histoire. Elle traverse le personnage de Lino, artisan attentif aux œuvres et aux récits qu’elles conservent. L’art devient un langage indirect. Il permet d’approcher ce qui est trop difficile à dire frontalement : le deuil, la culpabilité, le désir d’être vu autrement. Une peinture, une ville ou un geste artisanal peuvent alors contenir une mémoire plus supportable qu’une confession complète.
Cette présence de la culture donne aussi une respiration au livre. Les romans centrés sur les blessures intimes courent parfois le risque de s’enfermer dans le face-à-face et la répétition émotionnelle. Ici, les références artistiques ouvrent les personnages vers autre chose qu’eux-mêmes. Elles rappellent que les douleurs individuelles existent dans un monde peuplé d’images, de récits anciens et de lieux où d’autres ont créé avant nous.
La Renaissance européenne comme miroir des recommencements
La renaissance européenne ne fut pas une parenthèse uniforme et heureuse. Elle a produit des œuvres majeures, mais elle a aussi été traversée par les guerres, les tensions religieuses, les inégalités et les rivalités politiques. Cette nuance importe lorsqu’on lit le titre du roman. Renaître ne veut pas dire revenir à une pureté perdue. C’est avancer avec ce qui demeure, avec les fêlures et les contradictions. Lino n’est pas un homme que l’on « répare » d’un seul geste ; Rebecca n’est pas une autrice sauvée instantanément par un bon sujet.
Le choix de l’artisanat est particulièrement juste dans cette perspective. L’artisan travaille la matière avec patience. Il répète un geste, corrige une imperfection, recommence sans toujours obtenir le résultat imaginé. Cette lenteur fait écho au parcours affectif du personnage. À rebours d’une vision spectaculaire de la guérison, le roman suggère qu’une vie se reconstruit par de petits déplacements, parfois invisibles de l’extérieur.
Les lecteurs sensibles à l’histoire de l’art peuvent prolonger cette lecture avec quelques repères simples. À Florence, les peintres et sculpteurs de la Renaissance ont exploré de nouvelles manières de représenter les corps, les paysages et la perspective. À Venise, la couleur et la lumière ont pris une place singulière. Dans le Nord de l’Europe, d’autres traditions picturales ont développé une attention extrême aux détails matériels. Le livre ne demande pas de maîtriser ces écoles, mais il gagne à être lu avec cette idée : voir autrement est déjà une transformation.
Le mot « regard » est d’ailleurs essentiel à l’univers du roman. Certains regards abîment, d’autres permettent à un personnage de se tenir debout. Cette opposition évite une vision naïve de l’amour ou de l’amitié. Être regardé ne suffit pas. Tout dépend de ce que ce regard exige, autorise ou enferme. Rebecca observe Lino avec fascination ; elle doit donc apprendre à ne pas le réduire à sa douleur ni à la fonction qu’il pourrait remplir dans son prochain livre.
La littérature contemporaine aime souvent les personnages qui cherchent à recommencer, mais elle les place fréquemment dans un présent très immédiat. Les Renaissances ajoute une profondeur temporelle. Le passé de Lino rencontre le passé des œuvres. L’écriture de Rebecca dialogue avec des récits déjà transmis depuis des siècles. Cela ne fait pas de ce roman un livre érudit : cela élargit son horizon et rend crédible le sentiment que les personnages ne vivent pas seulement dans leur urgence personnelle.
Cette dimension plaira particulièrement aux lecteurs qui apprécient que la culture entre dans une fiction sans la ralentir inutilement. Elle conviendra moins à ceux qui espèrent une intrigue entièrement centrée sur les rebondissements amoureux. L’art est ici un fil narratif, mais aussi une façon de formuler l’indicible. Il rappelle qu’une œuvre peut accompagner une vie sans jamais lui donner de réponse toute faite.
Au fond, le titre ne promet pas une renaissance parfaite. Il parle de plusieurs recommencements imparfaits, façonnés par la mémoire, les rencontres et ce que chacun accepte enfin de regarder.
Ce détour par l’époque et la culture prépare aussi une lecture plus précise des personnages : ils ne cherchent pas seulement à aimer ou à être aimés, ils cherchent une place où leur histoire puisse enfin respirer.
Les Renaissances : quels personnages portent cette histoire de réparation ?
Rebecca est le point d’entrée du roman. Elle n’est pas présentée comme une romancière triomphante, installée dans une routine confortable, mais comme une femme qui ne sait plus très bien comment continuer. Son blocage créatif n’est pas un simple ressort pratique destiné à justifier sa curiosité envers Lino. Il exprime une crise plus large : les mots ne viennent plus parce que quelque chose, dans sa vie, réclame d’être regardé autrement.
Ce type de personnage peut sembler connu, mais Agnès Martin-Lugand en tire une question concrète. Que fait une écrivaine lorsqu’elle trouve dans la vie d’un autre une matière plus vibrante que la sienne ? Elle pourrait être tentée d’y voir une solution professionnelle. Or Rebecca ressent aussi une responsabilité. En faisant de Lino le possible héros d’un livre, elle se rapproche de lui et risque simultanément de le transformer en objet de récit. Cette ambiguïté nourrit le personnage au lieu de le rendre purement sympathique.
Lino, lui, est construit sur la rétention. Il se confie, mais ne se donne jamais entièrement. Son lien avec l’histoire de l’art suggère un homme habitué aux couches de sens, aux œuvres qui dissimulent autant qu’elles révèlent. Son passé le ronge et sa quête d’absolu peut le rendre difficile à saisir. Il n’est pas là pour résoudre les problèmes de Rebecca ; il est une personne blessée, parfois insaisissable, dont la présence force l’autre à sortir de ses habitudes.
Une rencontre qui ne se réduit pas à une romance
La force du point de départ tient à sa simplicité. Un bistrot, un comptoir, deux inconnus et une conversation qui s’étire. Dans une librairie, on entend souvent des lecteurs demander « une belle histoire d’amour », alors qu’ils cherchent parfois autre chose : un livre sur la possibilité d’être entendu au bon moment. Les Renaissances semble précisément travailler cette attente. La relation entre Rebecca et Lino est portée par l’émotion, mais son enjeu dépasse l’attirance.
Le roman questionne aussi le rapport entre sauver et accompagner. Lorsqu’une personne va mal, la tentation est grande de vouloir réparer vite, d’apporter une réponse, de remplir le silence. Pourtant, une écoute juste n’est pas une prise de contrôle. Rebecca apprend progressivement que comprendre Lino ne signifie pas décider pour lui. Ce point donne au récit une tonalité plus adulte que certaines fictions qui font de la rencontre amoureuse un remède instantané.
Les personnages secondaires, sans être détaillés ici pour préserver les découvertes du lecteur, servent à faire apparaître les liens passés et les zones de tension. Ils rappellent qu’une histoire intime ne se joue jamais à deux seulement. Une famille, des anciens attachements, des souvenirs partagés et des silences collectifs pèsent sur les choix. C’est souvent dans ces présences périphériques que le livre montre le prix réel d’un secret.
Cette manière de raconter conviendra aux lecteurs qui aiment les romans où les personnages parlent beaucoup, hésitent, se heurtent et reviennent sur leurs décisions. Elle pourra moins convaincre ceux qui cherchent des protagonistes très ambigus, dont les motivations restent opaques jusqu’au bout. L’écriture d’Agnès Martin-Lugand privilégie généralement la lisibilité émotionnelle. Les sentiments sont complexes, mais le lecteur sait où se situe la douleur et pourquoi elle agit.
Il existe aussi un risque propre à ce type de récit : celui de demander au lecteur d’adhérer vite à la fascination de Rebecca. Tout le monde n’entrera pas avec la même facilité dans son désir de poursuivre Lino. Certains lecteurs pourront juger que le roman insiste trop sur le pouvoir de cette rencontre initiale. C’est un point de réception légitime. Une histoire ne touche pas seulement par ce qu’elle raconte, mais par la confiance qu’elle parvient à créer entre ses personnages et celui ou celle qui lit.
L’avis le plus honnête consiste donc à ne pas présenter ce livre comme une évidence universelle. La qualité de l’écriture et le soin apporté aux états intérieurs sont perceptibles. Pourtant, l’émotion ne se commande pas. Des lecteurs resteront à distance des personnages et trouveront le récit trop appuyé dans ses effets. D’autres, au contraire, reconnaîtront dans ces hésitations, ces départs et ces confidences nocturnes une matière très proche de leur propre expérience.
Pour accompagner cette lecture, il peut être utile de garder en tête quelques attentes réalistes :
- À choisir si : les romans de destins croisés, les secrets et les récits de reconstruction attirent.
- À choisir si : l’on aime qu’une passion pour l’art donne une couleur particulière à une fiction contemporaine.
- À aborder autrement si : l’on attend un thriller autour d’une disparition ou une intrigue très rapide.
- À éviter peut-être si : les grandes scènes émotionnelles et les personnages fortement tournés vers leurs blessures lassent vite.
Rebecca et Lino ne demandent pas au lecteur de résoudre une énigme à leur place. Ils lui demandent surtout d’accepter que les êtres humains soient difficiles à raconter sans les simplifier.
Avis sur Les Renaissances : à quels lecteurs ce livre d’Agnès Martin-Lugand s’adresse-t-il ?
Un avis utile sur Les Renaissances doit commencer par une distinction simple : reconnaître les qualités d’un roman n’oblige pas à avoir été emporté par lui. L’écriture d’Agnès Martin-Lugand sait installer une atmosphère immédiate, aller vers l’émotion et construire des personnages pris dans des moments de bascule. Le livre possède une ambition romanesque réelle, notamment grâce à ses 528 pages et à son intérêt pour l’art, la transmission et les traces laissées par le passé.
Pourtant, l’adhésion demeure une affaire sensible. Certains lecteurs ne seront pas touchés par Rebecca et Lino, malgré le soin accordé à leurs blessures. Leur relation, leur manière de se parler ou la place donnée aux révélations peuvent laisser une impression d’indifférence. Ce n’est pas un défaut à corriger chez le lecteur. Un roman affectif repose sur une forme d’accord intime : quand cet accord n’a pas lieu, même une construction solide reste extérieure.
Ce titre trouvera sans doute son public parmi les lecteurs habitués aux romans d’Agnès Martin-Lugand, qui apprécient les histoires généreuses en émotions et les personnages confrontés à des choix affectifs importants. Il pourra également séduire les personnes qui reviennent à la lecture après une pause et cherchent une fiction longue, accessible, sans cynisme ni expérimentation formelle. Le livre ne demande pas de compétence particulière en histoire de l’art. Il invite plutôt à suivre une quête humaine dont la culture est l’un des reliefs.
Pour un lecteur déjà familier de Les gens heureux lisent et boivent du café ou de La vie est facile, ne t’inquiète pas, la comparaison sera inévitable. On retrouve cette attention aux existences fragilisées, aux relations qui déplacent tout et à la nécessité de choisir une vie plus fidèle à soi-même. Mais Les Renaissances se distingue par son titre pluriel, son personnage d’artisan et la place donnée à une écrivaine qui observe quelqu’un d’autre pour tenter de se remettre elle-même en mouvement.
Comment choisir ce roman sans se laisser guider par le seul succès d’une autrice
Dans une librairie indépendante, le bon réflexe n’est pas de s’arrêter au bandeau ou au nombre d’exemplaires vendus. Il est de dire ce que l’on cherche vraiment. Un lecteur qui veut « un roman qui émeut » n’attend pas forcément la même chose qu’une lectrice qui veut « une histoire d’amour avec un peu de mystère ». Les libraires peuvent alors orienter vers ce livre, ou vers un autre titre plus adapté au rythme et au ton désirés.
Pour acheter ou réserver l’ouvrage, il est préférable de se tourner vers une librairie de quartier ou de vérifier sa disponibilité auprès de son réseau local. Les données bibliographiques indiquées pour cette édition sont précises : ISBN 978-2-37932-369-0, parution le 3 avril 2025, 528 pages, format 15 x 24 cm. Donner l’ISBN au comptoir évite les confusions entre éditions et facilite la commande. Une librairie peut aussi indiquer le prix exact pratiqué et le délai d’approvisionnement, informations qui peuvent varier selon l’édition disponible.
Le livre peut se lire lentement. Sa longueur se prête bien à une lecture en plusieurs étapes : une première partie pour la rencontre, une autre pour la recherche et les révélations, puis un temps pour mesurer ce que le récit fait à Rebecca. Pour celles et ceux qui veulent retrouver une habitude de lecture, il n’est pas nécessaire de viser cinquante pages par jour. Vingt minutes le soir, sans téléphone à côté, suffisent souvent à garder le fil d’un roman de cette ampleur.
Il est également intéressant de prolonger la lecture par d’autres angles. La question de l’écrivain qui transforme le réel peut mener vers notre dossier sur l’écriture à partir du réel et le respect des personnes. La présence de l’art et de la Renaissance peut, elle, donner envie de consulter une ressource culturelle fiable, comme le site du musée du Louvre, qui met à disposition des parcours et des notices sur ses collections. Ces détours ne sont pas obligatoires ; ils enrichissent simplement le livre pour les lecteurs qui aiment faire circuler leurs lectures.
Un autre prolongement peut être plus modeste : parler du roman. En club de lecture, Les Renaissances offre plusieurs questions sans spoiler : Rebecca a-t-elle raison de vouloir écrire sur Lino ? L’art aide-t-il réellement les personnages à se comprendre ? La renaissance est-elle une rupture avec le passé, ou une manière de vivre enfin avec lui ? Ces questions permettent de dépasser le simple « j’ai aimé » ou « je n’ai pas aimé ».
Ce roman ne cherche pas à révolutionner le genre de la fresque émotionnelle. Il propose plutôt une histoire longue, tournée vers la réparation, où une romancière et un artisan se rencontrent à l’endroit précis de leurs fragilités. C’est une proposition claire, qui mérite d’être choisie pour ce qu’elle est, et non pour l’idée d’un livre que tout le monde devrait ressentir de la même manière.
La meilleure porte d’entrée reste donc la plus simple : lire les premières pages, écouter le rythme des voix et décider si Rebecca et Lino donnent envie de rester avec eux.
De quoi parle Les Renaissances d’Agnès Martin-Lugand ?
Le roman suit Rebecca, une romancière en panne d’inspiration, après sa rencontre avec Lino, un artisan passionné d’histoire de l’art. Lorsqu’il disparaît après lui avoir confié une part de son passé, elle part sur ses traces et envisage de faire de lui le héros de son prochain livre.
Les Renaissances est-il un roman historique sur la Renaissance ?
Non. Il s’agit d’un roman contemporain. La Renaissance, l’art et l’humanisme nourrissent l’univers de Lino et donnent une profondeur symbolique au récit, mais l’action ne se déroule pas à l’époque de la Renaissance européenne.
Combien de pages compte Les Renaissances ?
L’édition indiquée compte 528 pages, au format 15 x 24 cm. Son ISBN est 978-2-37932-369-0 et sa date de parution est le 3 avril 2025.
À qui conseiller ce livre ?
Le livre convient aux lecteurs qui apprécient les romans émotionnels, les secrets de famille, les destins croisés et les récits de reconstruction. Il peut moins plaire à ceux qui recherchent un suspense très rythmé ou une intrigue brève et strictement centrée sur l’action.